Le Train pour Tous
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Le Train pour Tous : le manifeste pour un rail accessible en France

Le Train pour Tous, c'est l'idée simple qu'un Paris–Lyon ne devrait pas coûter plus cher qu'un Rome–Milan. Manifeste, deux réformes structurelles, signataires et chiffres-clés.

·9 min de lecture·Le Train pour Tous

Le Train pour Tous : pourquoi ce nom, pourquoi maintenant

Le Train pour Tous, c'est d'abord un constat. Un Paris–Lyon en seconde classe coûte aujourd'hui 80 € en moyenne quand un Rome–Milan, sur la même distance, coûte 49 €. Un Berlin–Munich tourne autour de 62 €. À distance comparable, à confort comparable, à infrastructure comparable, le voyageur français paie 40 à 60 % de plus que ses voisins européens. Ce n'est pas une fatalité géographique. C'est le résultat d'une série de choix politiques empilés depuis 2012 — choix qu'on peut défaire avec deux amendements de loi de finances.

Le Train pour Tous porte cette idée simple : le rail devrait être traité comme un service essentiel, au même titre que l'eau, l'électricité ou l'éducation publique. Pas comme un loisir, pas comme une rente d'opérateur, pas comme un véhicule budgétaire. Un service essentiel, qu'on peut prendre sans calculer.

80 €
Prix moyen d'un Paris–Lyon en 2026

À comparer avec Rome–Milan (49 €), Berlin–Munich (62 €) ou Madrid–Barcelone (39 € en moyenne, AVE Renfe). La distance et la vitesse sont équivalentes — seule l'équation politique change.

Source · Observatoire des prix du rail, ART

Les deux réformes du manifeste Le Train pour Tous

Le manifeste Le Train pour Tous ne demande ni nationalisation, ni privatisation, ni grand soir budgétaire. Il pointe deux leviers immédiatement disponibles, à coût modeste, à effet rapide.

Réforme 1 — Ramener la TVA à 5,5 %

La TVA sur les billets de train est aujourd'hui de 10 %, dans la même catégorie que la restauration et l'hôtellerie. Le pain, l'eau, les transports en commun urbains sont à 5,5 %. La directive européenne 2006/112/CE autorise explicitement le taux réduit pour le transport de voyageurs ; rien n'oblige la France à taxer le rail à 10 %. L'Allemagne est passée à 7 % en 2020, avec un effet observé de +12 % de fréquentation longue distance en un an.

Coût budgétaire d'un alignement à 5,5 % : environ 240 millions d'euros par an, soit 0,06 % du budget de l'État.

→ Pour le détail historique et juridique, voir l'article TVA sur les billets de train : pourquoi 10 % et pas 5,5 %.

Réforme 2 — Plafonner les péages SNCF Réseau

Les péages que SNCF Voyageurs (et désormais Trenitalia, Renfe) paient à SNCF Réseau pour utiliser les voies représentent 38 % du prix d'un billet TGV en France. La moyenne européenne est de 20 %, l'Italie est à 14 %, l'Allemagne à 22 %. Le voyageur français finance, via son billet, ce que les autres pays financent par le budget général — un choix de transfert de charge, pas une nécessité technique.

Plafonner les péages au niveau allemand (22 %) coûterait à l'État environ 900 M€ à 1 Md€/an en compensation à SNCF Réseau, soit 0,25 % du budget. En contrepartie, le prix moyen d'un billet TGV baisserait mécaniquement de 15 à 18 %.

→ Pour le détail des comptes SNCF Réseau et des comparaisons européennes, voir Pourquoi le train est-il cher en France ?.

Pourquoi « pour tous » : ce que ça change concrètement

Le rail français est devenu, par strates successives, un transport à deux vitesses sociales. Les abonnés professionnels et les voyageurs anticipateurs (Max Jeune, cartes Avantage, Ouigo) accèdent à des prix raisonnables. Les autres — familles qui réservent en dernière minute, étudiants sans carte, retraités, voyages exceptionnels — payent le plein tarif, souvent au-delà de l'avion low-cost.

L'idée du train pour tous, ce n'est pas un tarif unique ni un rail gratuit. C'est un rail dont le prix de référence, hors yield management, soit cohérent avec son rôle social : transport collectif, bas-carbone, accessible à tous les revenus.

≈ 50 €
Prix Paris–Lyon visé après les deux réformes

Décomposition d'un billet à 80 € aujourd'hui : 30 € de péages, 7,30 € de TVA, 42,70 € pour matériel, énergie et exploitation. Avec un péage plafonné à 22 % (≈ 17,50 €) et une TVA à 5,5 % (≈ 3,30 €), le même billet se vendrait autour de 63 € HT — soit 50 € pour la part voyageur une fois le yield management ajusté.

Le contexte : pourquoi 2026 est la bonne année

Trois éléments rendent la fenêtre politique du manifeste Le Train pour Tous particulièrement ouverte cette année :

a) Concurrence ferroviaire installée. Avec Trenitalia France (Paris–Lyon depuis 2021, Paris–Marseille en 2026), Renfe (Lyon–Madrid) et le projet Le Train sur la façade atlantique, le rail français n'est plus un monopole. Une baisse de TVA et de péages bénéficie à tous les opérateurs — argument décisif contre la critique du « cadeau à la SNCF ».

b) Pression climat. Les engagements de la France au titre de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et du Pacte vert européen rendent la part modale du rail un sujet de politique publique, pas de seul confort voyageur. Chaque pourcentage gagné par le train sur la voiture ou l'avion est désormais un actif climatique mesurable.

c) Précédent allemand documenté. La baisse de TVA à 7 % en 2020 a maintenant cinq ans de recul. Ni effondrement budgétaire, ni effet d'aubaine pour l'opérateur historique : l'élasticité-prix du rail longue distance est documentée. Les arguments du « risque inconnu » ne tiennent plus.

Le rail est un bien public à exploitation marchande. Sa tarification doit refléter cet équilibre — aujourd'hui elle ne le reflète pas.

Jean-Pierre Farandou, ancien PDG SNCF, 2024

Ce que demande Le Train pour Tous, précisément

Le manifeste Le Train pour Tous se traduit par deux amendements de loi de finances, rédigeables en une après-midi :

  1. Article 278-0 bis du CGI — ajouter le transport ferroviaire de voyageurs à la liste des activités relevant du taux réduit de TVA (5,5 %).
  2. Article L. 2122-4 du Code des transports — introduire un plafond pluriannuel sur les redevances de SNCF Réseau, indexé sur la moyenne pondérée des péages des cinq plus grands réseaux ferroviaires européens.

Pas de loi-cadre, pas de réforme des structures, pas de remise en question du paquet ferroviaire européen. Deux articles, deux votes, deux décisions politiques.

Foire aux questions sur Le Train pour Tous

Le Train pour Tous, c'est qui ?

C'est un manifeste citoyen, sans appartenance partisane, lancé en 2026. Il regroupe des voyageurs, des chercheurs en économie des transports, des élus locaux et des professionnels du rail qui partagent un constat commun : la tarification ferroviaire française n'est plus soutenable, ni socialement ni écologiquement. Il ne s'agit pas d'un parti, d'un syndicat ou d'une association de consommateurs : c'est un texte qu'on signe, et un ensemble de propositions chiffrées qu'on défend publiquement.

Pourquoi pas la gratuité totale du train ?

La gratuité d'un service à coût marginal non nul (énergie, matériel, personnel) crée mécaniquement un sous-investissement et une saturation. Le manifeste Le Train pour Tous ne demande pas la gratuité, mais un prix de référence aligné sur celui des biens essentiels — comme l'eau, l'électricité ou les transports urbains, qui sont payants mais à TVA réduite et à péréquation tarifaire forte.

Cela ne profiterait-il pas surtout aux cadres parisiens qui prennent le TGV ?

C'est l'objection classique. Les deux réformes s'appliquent à tous les segments — TGV, Intercités, TER. Or les TER représentent la majorité des voyages ferroviaires en France et sont massivement utilisés par les actifs non cadres, les étudiants et les retraités. La baisse de TVA bénéficie d'abord aux trajets du quotidien. Pour les TGV, c'est précisément le tarif de référence (qui pèse sur les voyages exceptionnels — vacances, visites familiales) qui est aujourd'hui inaccessible.

Le Train pour Tous demande-t-il la nationalisation ou la fin de la concurrence ?

Non. Le manifeste prend acte du quatrième paquet ferroviaire européen (concurrence sur les LGV depuis 2020) et estime que la concurrence — bien régulée — fait partie de la solution. Une baisse de TVA et un plafond de péages bénéficient à tous les opérateurs : SNCF Voyageurs, Trenitalia, Renfe, Le Train, et les futurs entrants.

Comment soutenir Le Train pour Tous ?

En signant le manifeste sur la page d'accueil du site, en partageant les analyses (TVA, péages, comparatifs européens), et en interpelant les parlementaires lors de l'examen de la prochaine loi de finances. Le texte du manifeste, ses sources et sa méthodologie sont publics et réutilisables.

Est-ce que ces propositions ont une chance d'aboutir ?

L'élasticité politique d'une baisse de TVA est faible (240 M€/an, deux lignes dans une loi de finances) ; celle d'un plafond de péages est plus élevée mais juridiquement immédiate. Les deux ont déjà été défendues, séparément, par des parlementaires de toutes sensibilités depuis 2022. Ce qui manque, c'est l'articulation publique des deux mesures sous un même drapeau — c'est précisément la fonction du manifeste Le Train pour Tous.

Pour aller plus loin


Sources : ART — Autorité de régulation des transports, rapports annuels 2023–2024 ; Directive TVA 2006/112/CE, annexe III ; Comptes SNCF Réseau 2024 ; BMDV — Ministère fédéral allemand des transports, bilan plan climat ferroviaire 2020–2024 ; ADEME Base Empreinte 2024 pour les facteurs d'émission rail / aérien / route.

Vous voulez aller plus loin ?

Rejoignez les signataires du manifeste citoyen pour un rail à prix juste.

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